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E = mc²

Manger change-t-il nos émotions ?


Certaines substances contenues dans les aliments seraient à

l’origine de troubles de l’humeur et autres désordres psychologiques.


Mythe ou réalité ?


Comment préserver notre santé sans sombrer dans la paranoïa ?

 

Les nutritionnistes et généralistes observent une augmentation des intolérances au gluten – terme générique qui désigne les protéines que l’on trouve dans le blé, le seigle, l’orge, l’avoine, l’épeautre. Sur les forums internet, les nombreux témoignages le désignent comme responsable de « déficits de l’attention, problèmes scolaires, troubles du comportement, dépressions… »

Mais il ne serait pas le seul à être mis en cause : le glutamate, l’aspartame ou encore le lactose, la caséine, les sucres et les colorants pourraient affecter notre santé psychique.


La littérature scientifique regorge d’études, d’observations, de descriptions concernant les liens directs entre alimentation, fonctionnement du cerveau et comportement. Mais très peu de ces données sont suivies de recommandations sanitaires. Pourquoi ? Pour deux raisons. La première est que nombre de ces études ne sont pas réalisées dans les règles de l’art. A savoir en double aveugle contre placebo, par exemple, ce qui ne les rend pas recevables par la communauté scientifique et les autorités sanitaires. La seconde est que le cerveau et les fonctions cognitives sont restés une terra incognita jusqu’à une époque très récente.

 

Des molécules bienfaisantes.

Aujourd’hui il est avéré que les oméga-3, les antioxydants, les probiotiques et les polyphénols, les vitamines, les minéraux et les oligoéléments, outre leurs bienfaits sur la santé, ont des répercussions positives sur notre comportement : moins d’agressivité, d’agitation, de sautes d’humeur et de dépression…

Pour preuve, l’expérience menée par B. GESCH, chercheur en nutrition et criminologie, en Angleterre, montre de manière spectaculaire l’impact d’un changement d’alimentation sur le comportement agressif de jeunes prisonniers. Ces expérimentations pourraient être étendues à d’autres groupes, notamment dans les écoles des quartiers sensibles, dès lors que le « simple fait de modifier l’alimentation de personnes en difficultés semble réduire le taux d’incivilités ».Dans un lycée américain du Wisconsin, la nature des repas servis aux élèves a complètement changé. Au menu, des protéines naturelles, des céréales complètes, des fruits et légumes, le tout préparé sur place sans colorants, ni conservateurs, ni fritures, ni sodas. Résultat : les jeunes sont moins indisciplinés, plus concentrés, et affichent de meilleurs résultats scolaires.


Des industriels réticents

Si les changements sont liés à d’autres mesures, telles que l’activité physique et l’implication des parents, l’alimentation apparaît néanmoins comme l’un des principaux facteurs du mieux-être. Aux Etats-Unis, mais également en Suède et au Danemark, d’autres établissements scolaires ont choisis de modifier leurs menus en conséquence. Une étude publiée dans la sérieuse revue scientifique britannique The Lancet, accuse six colorants artificiels et un conservateur dans les bonbons, et dans certaines boissons, d’augmenter l’hyperactivité infantile. Entre les premières études faisant état de l’influence néfaste des additifs sur le comportement des enfants, et les premières recommandations sanitaires (telles que « peuvent avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention des enfants » sur les étiquettes de paquet de bonbons) il s’est écoulé trente ans. Pourquoi tant de temps ? Les enjeux économiques ne sont pas les mêmes selon les secteurs d’activité. Plutôt que d’obliger des industriels à revoir la formulation de leurs produits, il est plus simple d’accuser les écrans vidéos, quand ce n’est pas l’éducation laxiste des parents.


La dépression au menu

Rares sont les psychiatres qui tiennent compte du régime alimentaire de leurs patients dépressifs. Si nous acceptons l’idée qu’un corps mal nourri est davantage sujet aux infections, il nous est plus difficile d’admettre qu’un cerveau dénutri est davantage sensible su stress, aux difficultés du quotidien, qu’il devient moins performant et plus vulnérable à l’anxiété. Pourtant, les études désignent la malbouffe comme facteur de mal-être. Le constat est sans appel : une alimentation transformée augmente de 58% le risque de dépression par rapport à une alimentation normale ; alors que la consommation de légumes, fruits et poissons diminue ce même risque de 26%. Antioxydants, polyphénols et acides gras polyinsaturés, mais aussi oméga-3 et probiotiques semblent être impliqués dans la dépression. En manquer, c’est augmenter le risque, en avoir suffisamment, c’est le diminuer.


Pour ne pas s’empoisonner la vie

Pour préserver sa santé physique et son équilibre mental, il vaut mieux se défaire d’une alimentation trop riche en additifs, sucres et graisses saturées, et changer progressivement de comportement. Le premier réflexe à adopter est de s’assurer de la qualité irréprochable des huiles que nous avalons. En effet, notre masse cérébrale et nerveuse, mais aussi les membranes de nos cellules (en particulier celles de la peau) sont constituées à 70% de lipides. Prendre une cuillerée à café d’huile de colza bio par jour, complétée (pour le goût !) d’huile d’olive, de germe de blé, de lin, de noisette, mais aussi consommer du poisson gras au moins deux fois par semaine, limiter les sucreries chimiques bourrées d’additifs et se faire plaisir avec de la confiserie maison ou à l’ancienne… Voilà la meilleure façon de ne pas perdre la raison devant son assiette !

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